Deux ministres pour le prix d’un

Soldats du feu
Carlo ZAGLIA

Lors de l’assemblée générale de la Fédération des sapeurs-pompiers de France à Toulouse en octobre dernier, la grande communauté des rouges attendait un ministre comme à l’accoutumée, le leur, et ils en ont eu deux. Monsieur Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, accompagnait monsieur Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, avec, lors de leur prise de parole publique, une réelle volonté de venir éclairer la lanterne d’une corporation qui, nous le savons tous, représente dans notre pays le premier secours, et souvent hélas le dernier recours.

Parlant comme le veut le protocole, avant monsieur Darmanin et après monsieur Jean-Paul Bosland, président de la Fédération, le tout nouveau ministre de la Santé a fait montre d’un grand respect à l’égard des sapeurs-pompiers de France, du travail des services de santé et de secours médical, valorisant au plus haut point la mission de secours et soins d’urgence aux personnes (SSUAP). C’est agréable. C’est nouveau et ça nous change d’une qualification faite par un ancien ministre de la Santé, à l’époque où il ne l’était pas, ministre, et qui comparait les infirmiers sapeurs-pompiers à des « néanderthaliens en voie de disparition ». De fait, nous le sommes tous, en voie de disparition, les rouges comme les blancs…

Toujours est-il que les pompiers de France, ceux présents et ceux absents, probablement les yeux rivés sur les réseaux sociaux, vous ont entendu. Et ils vous remercient de votre engagement. Celui d’abord de verbaliser en public, et donc de reconnaître le « rôle majeur » joué par les sapeurs-pompiers dans la mise en œuvre du SSUAP, mais également votre souhait, monsieur le ministre de la Santé, d’intégrer des sapeurs-pompiers au Conseil national de l’urgence hospitalière pour une véritable coopération concertée.

Si nous nous félicitons tous, pour le bien-être de nos concitoyens, des effets de la loi Matras avec la réforme des transports sanitaires urgents et, surtout, de la revalorisation du tarif national d’indemnisation – malgré la baisse des carences ambulancières, près de 25 % depuis juillet 2022 –, les chiffres des VSAV stationnés des heures durant dans les sas des urgences donnent le tournis. Mais les sapeurs-pompiers vous ont entendu monsieur Rousseau, vous l’avez dit : « Vous n’êtes pas et ne serez jamais considérés comme une des “variables d’ajustement” de la Santé ! » Il y a du pain sur la planche et gageons que les pompiers vous inviteront avec grand plaisir l’année prochaine au congrès qui aura lieu à Mâcon. Ce sera l’heure du bilan.

Quant à vous, mes chers collègues, mes chers lecteurs, avec cette année qui se termine, laissez-moi vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année, et que Sainte-Barbe que nous célébrons bientôt vous protège !

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